Pourquoi je préfère que ce soit vous qui me contactiez
Témoignage d’une responsable de plateau
Il y a une remarque qui revient parfois, au détour d’un échange avec certaines animatrices :
« J’aurais préféré que ce soit vous qui m’appeliez. Ça m’aurait facilité les choses. »
Je comprends cette réaction. Appeler pour la première fois, surtout pour parler de téléphone rose, peut impressionner. Prendre son téléphone, composer un numéro, oser se présenter… ce n’est pas anodin. Pourtant, si j’ai fait le choix très clair de ne pas contacter moi-même les candidates, ce n’est ni par froideur, ni par désintérêt. C’est un choix réfléchi, professionnel, et surtout nécessaire.
Et il est important que ce soit dit clairement.
Un métier particulier exige un cadre particulier
Le téléphone rose n’est pas un métier comme les autres. On n’appelle pas pour vendre un abonnement, faire un sondage ou proposer un devis. On parle d’un univers intime, parfois explicite, qui demande du calme, de la confidentialité et une vraie disponibilité mentale.
Un premier contact est déterminant. Il pose les bases de la relation professionnelle, il donne le ton, il permet d’évaluer la motivation, la compréhension du métier, la maturité aussi.
Or, si c’est moi qui appelle sans savoir dans quelles conditions vous vous trouvez, ce premier échange peut très vite devenir… catastrophique.
Les situations que je veux éviter (et que j’ai déjà vues)
Je vais être très concrète.
Si je vous appelle alors que :
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les enfants sont à côté et crient,
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la télévision est allumée,
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un chien aboie,
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vous êtes au travail, entourée de collègues,
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vous êtes dans un magasin, en train de faire vos courses,
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ou pire, dans un lieu public où vous ne pouvez pas parler librement…
… alors la discussion devient immédiatement gênante, maladroite, voire impossible.
De mon côté, je peux me faire une mauvaise impression qui n’a rien à voir avec vos capacités réelles. Non pas parce que vous n’êtes pas sérieuse, mais parce que le contexte est totalement inadapté.
Et un premier contact raté, dans ce métier, peut fermer une porte inutilement.
Quand vous m’appelez, vous choisissez le bon moment
Lorsque c’est vous qui prenez l’initiative de me contacter, tout change.
Vous décidez :
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du moment,
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du lieu,
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de votre disponibilité,
-
du calme autour de vous.
Vous vous organisez pour être tranquille, pour ne pas être interrompue, pour pouvoir parler librement. Vous êtes dans de bonnes conditions, moi aussi. Nous sommes toutes les deux dans un espace de travail, même si ce travail n’est pas encore commencé.
Et ça, c’est fondamental.
Ce que cette démarche dit de vous
Prendre l’initiative de m’appeler, ce n’est pas juste une formalité. C’est déjà un premier acte professionnel.
Cela montre que :
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vous êtes capable de décider,
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vous savez vous organiser,
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vous comprenez l’importance du cadre,
-
vous êtes prête à assumer la réalité du métier.
Le téléphone rose repose sur la voix, la parole, l’échange. Si le simple fait de passer un premier appel est déjà un obstacle insurmontable, il faut se poser les bonnes questions.
Ce n’est pas un test, c’est une protection (pour vous et pour moi)
Je ne vous mets pas à l’épreuve. Je ne cherche pas à vous piéger. Je protège simplement :
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la qualité des échanges,
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votre image,
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mon travail,
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et la relation professionnelle à venir.
Un premier contact doit être clair, posé, respectueux. Il ne peut pas se faire à la va-vite, entre deux obligations, dans le bruit et la gêne.
En résumé
Si je ne vous appelle pas en premier, ce n’est pas par manque d’intérêt.
C’est parce que ce métier demande :
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de la conscience,
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de la préparation,
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et un minimum de cadre dès le départ.
Lorsque vous m’appelez, vous montrez que vous êtes déjà dans cette logique.
Et croyez-moi : ça change tout.
